Choisir ses mots dans un écrit scientifique

Dans un écrit scientifique, nous visons la précision. Mais quel degré de précision? Même parmi les scientifiques de votre domaine d’étude, il y a plusieurs audiences représentées par différentes revues savantes. Il y a d’abord les revues pointues, dont les articles se restreignent à explorer un sous-domaine spécifique d’une discipline. Ces articles s’adressent aux spécialistes, qui connaissent les théories du sous-domaine, les méthodes et le vocabulaire assorti. Pour publier dans ces revues, la précision du vocabulaire est primordiale et vous n’avez pas besoin de définir les termes techniques. Le jargon technique du domaine y est bienvenu, même requis. Des exemples de ce type de revues savantes traiteraient exclusivement d’archéologie australienne ou de la biologie des os.

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Un «blizzard de détails» dans la section résultats

p1030785_editedPendant que je soigne un gros rhume, je vous réfère à cet excellent billet du blogue de BMJ. Ça ne s’applique pas seulement aux résultats cliniques!

Faux ami: opportunité

En rédaction, un faux ami n’est pas quelqu’un qui vous pique vos idées mais un mot d’une autre langue qui ressemble beaucoup à un mot français, mais dont le sens est différent. Les faux amis peuvent être très amusants : une ancienne camarade à moi a appris à ses dépens qu’«embarazada» en espagnol ne veut pas dire être embarrassée ou gênée, mais être enceinte. Il y a toutefois un faux ami anglais que je ne peux plus voir en peinture, c’est «opportunité».

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Du bon usage des images dans les écrits scientifiques

Nous utilisons plus d’image que nous ne le croyons dans nos écrits scientifiques. Bien sûr, certaines catégories d’images, comme les métaphores, sont avec raison presqu’entièrement bannies. Si je réfère à la tempête de neige/vent/pluie/grésil qui afflige le Québec tandis que j’écris ce billet comme à «la colère du ciel», j’utilise une métaphore (et un cliché, mais c’est une autre histoire). Une bonne métaphore enrichit un texte littéraire mais n’apporte ni rigueur ni précision à un article scientifique. Toutefois, vous utilisez sûrement sans y penser une autre catégorie d’image, la métonymie. Ce serait une bonne idée de commencer à y prêter attention.

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À méditer: longueur des phrases

Brevity is a tool. It’s a very powerful tool. You don’t have to use it. But you have to know how. If you’re going to use long sentences, it should be by choice, not due to bumbling ineptitude. Every long sentence can be broken into shorter ones, and if you don’t know how—if you don’t see within your long sentences groupings of simple, clear ideas—it will show.

June Casagrande, It was the best of sentences, it was the worst of sentences: a writer’s guide to crafting killer sentences

En d’autres mots, il ne s’agit pas de préférer écrire des phrases longues ou des phrases courtes. Il s’agit de savoir quand s’arrêter.

Anglais scientifique: la différence entre «phrase» et «sentence»

Savez-vous que le mot «phrase» existe en anglais, mais qu’il n’a pas du tout le même sens qu’en français? Récemment, comprendre ce qui clochait dans une phrase m’a amenée dans une zone exotique de la syntaxe anglaise, jamais visitée dans mes lointains cours de langue anglaise. Commençons donc l’année avec un peu d’anglais scientifique pour vos futures publications. Ne vous sauvez pas, c’est plus amusant qu’il n’y paraît!

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Bonne année!

p1030770rBonne et heureuse année aux lecteurs et lectrices de la Plume scientifique, et surtout bonne rédaction!

Que la Force soit avec vos écrits scientifiques!

Si je comprends bien «la Guerre des étoiles», la Force est partout. Ça ne veut pas dire qu’elle est également répartie. À l’écrit, les fins sont des moments forts où vous avez la chance de marquer votre lecteur. C’est vrai pour la fin de l’article, la fin d’une section ou la fin d’une phrase. Donc, en composant une phrase, pensez à placer stratégiquement l’élément principal à la fin.

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À méditer: une erreur de communication

The curse of knowledge is the single best explanation I know of why good people write bad prose. It simply doesn’t occur to the writer that her readers don’t know what she knows—that they haven’t mastered the patois of her guild, can’t divine the missing steps that seem too obvious to mention, have no way to visualize a scene that to her is as clear as day.

Steven Pinker, the sense of style: the thinking person’s guide to writing in the 21st century

Dans mon boulot de coordonnatrice de recherche, ça m’arrive tout le temps: je reçois un message incompréhensible parce que l’envoyeur, qui a mijoté pendant des semaines le projet à propos duquel il écrit, a oublié qu’il ne m’a pas encore mise au courant. Je peux toutefois lui rappeler illico que je ne suis ni télépathe ni voyante extra-lucide, luxe que les lecteurs de vos articles scientifiques n’ont pas.

Même un article scientifique est une forme de communication, qui implique une interaction en différé entre l’auteur et le lecteur. Quand vous écrivez, essayez d’imaginer cet échange en direct.

Les articles scientifiques forts s’appuient sur des phrases fortes

On écrit deux types de phrase: des phrases qui décrivent des actions et des phrases qui décrivent des états. Les phrases d’action se reconnaissent à leurs verbes… d’action. Les phrases d’état contiennent des tonnes de verbes «être» ou équivalents, tous seuls ou sous forme de temps composé. Devinez lesquelles expriment le plus de force?

Il m’arrive de vous supplier d’oublier ce que vous avez appris en composition à l’école au moment d’écrire un article scientifique. Mais vous rappelez-vous du principe de limiter l’usage du verbe être? Celui-là, vous devriez vous en rappeler. Naturellement, c’est le plus oublié de tous. Il faut dire que trop d’auteurs d’articles scientifiques souffrent d’une phobie des affirmations sans détour.

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