Méthode : les sujets non-humains

La semaine dernière, j’avais donné congé à ceux et celles d’entre vous qui ne travaillent pas avec des participants humains. Finalement, j’aurais peut-être dû suggérer aux lecteurs qui expérimentent avec des animaux de jeter un coup d’œil au billet.



Je n’ai pas d’expérience avec les modèles animaux mais j’ai tout de même lu plusieurs articles qui utilisent des macaques rhésus pour étudier des interactions génotype x environnement avec des variantes génétiques analogues aux nôtres. La manière de décrire les échantillons semble moins systématique que dans les modèles humains. Quand il s’agit d’études expérimentales, souvent nous ne connaissons que le N des différents groupes, mentionné en passant dans la description de la procédure. On ajoute parfois une description des mesures prises pour se conformer aux exigences des règles pour la protection et le bien-être des animaux (histoire vraie : le pavillon où je travaille à l’université Laval avait autrefois une animalerie au sous-sol. Elle a été déménagée parce que l’environnement ne convenait pas aux animaux. Il y a maintenant des bureaux étudiants à sa place). Pour les animaux qu’on commande par catalogue comme les rats, il semble qu’on les décrit comme des instruments de l’étude.

Ce qui a attiré mon attention, c’est cet article de Plos One auquel Retraction Watch a fait allusion il y a quelques semaines. On y fait le portrait des conséquences de l’attrition (due à la mort des animaux) sur les modèles utilisés dans la recherche sur le cancer et les accidents cérébraux-vasculaires. Dans le cas d’attrition aléatoire, selon ces auteurs, il y a perte de puissance donc risque accru de faux résultats négatifs; dans le cas d’attrition non-aléatoire, les risques de faux positifs augmentent. Bref, l’attrition cause les mêmes problèmes dans la recherche animale que dans la recherche sur des humains. L’ennui, toujours selon Holman et collègues, c’est que l’attrition des animaux n’est presque jamais documentée suffisamment pour permettre l’évaluation de ses effets sur le modèle testé.

Finalement, les chercheurs qui travaillent avec des animaux devraient peut-être s’inspirer des études sur les humains pour ce qui est de la description des échantillons. À noter qu’il y a encore du progrès  à faire du côté humain aussi : cela fait à peine quelques années que les bonnes revues en développement de l’enfant exigent une stratégie claire de gestion des données manquantes. Je ne sais pas ce qu’il en est dans vos disciplines, mais documenter soigneusement le nombre de sujets perdus et leurs caractéristiques ne peut qu’améliorer la qualité de votre article.

Source pour ce billet :

Holman, C., Piper, S. K., Grittner, U., Diamantaras, A. A., Kimmelman, J., Siegerink, B., & Dirnagl, U. (2016). Where Have All the Rodents Gone? The Effects of Attrition in Experimental Research on Cancer and Stroke. PLOS Biology, 14(1), e1002331. doi:10.1371/journal.pbio.1002331

 

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