Que la Force soit avec vos écrits scientifiques!

Si je comprends bien «la Guerre des étoiles», la Force est partout. Ça ne veut pas dire qu’elle est également répartie. À l’écrit, les fins sont des moments forts où vous avez la chance de marquer votre lecteur. C’est vrai pour la fin de l’article, la fin d’une section ou la fin d’une phrase. Donc, en composant une phrase, pensez à placer stratégiquement l’élément principal à la fin.

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À méditer: une erreur de communication

The curse of knowledge is the single best explanation I know of why good people write bad prose. It simply doesn’t occur to the writer that her readers don’t know what she knows—that they haven’t mastered the patois of her guild, can’t divine the missing steps that seem too obvious to mention, have no way to visualize a scene that to her is as clear as day.

Steven Pinker, the sense of style: the thinking person’s guide to writing in the 21st century

Dans mon boulot de coordonnatrice de recherche, ça m’arrive tout le temps: je reçois un message incompréhensible parce que l’envoyeur, qui a mijoté pendant des semaines le projet à propos duquel il écrit, a oublié qu’il ne m’a pas encore mise au courant. Je peux toutefois lui rappeler illico que je ne suis ni télépathe ni voyante extra-lucide, luxe que les lecteurs de vos articles scientifiques n’ont pas.

Même un article scientifique est une forme de communication, qui implique une interaction en différé entre l’auteur et le lecteur. Quand vous écrivez, essayez d’imaginer cet échange en direct.

Les articles scientifiques forts s’appuient sur des phrases fortes

On écrit deux types de phrase: des phrases qui décrivent des actions et des phrases qui décrivent des états. Les phrases d’action se reconnaissent à leurs verbes… d’action. Les phrases d’état contiennent des tonnes de verbes «être» ou équivalents, tous seuls ou sous forme de temps composé. Devinez lesquelles expriment le plus de force?

Il m’arrive de vous supplier d’oublier ce que vous avez appris en composition à l’école au moment d’écrire un article scientifique. Mais vous rappelez-vous du principe de limiter l’usage du verbe être? Celui-là, vous devriez vous en rappeler. Naturellement, c’est le plus oublié de tous. Il faut dire que trop d’auteurs d’articles scientifiques souffrent d’une phobie des affirmations sans détour.

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