Avez-vous déjà entendu parler des journaux prédateurs?

Les scientifiques, on le sait, ont créé leur propre version de la loi de la jungle: publish or perish. Cette pression à publier peut causer une grande détresse chez les aspirants-chercheurs qui éprouvent des difficultés à publier leur travail et quand il y a de la détresse, il se trouve quelqu’un pour exploiter les personnes rendues vulnérables. C’est ici que les journaux prédateurs apparaissent. Il s’agit de faux journaux scientifiques qui se font passer pour des journaux «open access» légitimes et qui publieront n’importe quoi pour quelques centaines de dollars. Publier dans un de ces journaux peut être un désastre pour votre carrière.

Rappelons d’abord les principes de base de la publication scientifique: chaque domaine de recherche dispose d’un certain nombre de journaux savants dédiés à des sous-domaines de recherche plus ou moins spécifiques. Pour y publier, vous devrez obtenir l’aval d’experts du domaine choisis par l’éditeur. Ceux-ci peuvent refuser l’article ou demander des corrections majeures ou mineures avant de l’approuver. L’éditeur a le dernier mot et il vous expliquera sa décision dans une lettre. Certains de ces journaux sont «open access», ce qui signifie que vous devrez payer des frais pour y publier mais que votre article sera alors accessible gratuitement à tous les lecteurs. Le plus connu des journaux open access disponibles seulement en ligne est sûrement PLOS one.

Il peut donc être assez difficile pour un étudiant peu familier avec le processus de publication de reconnaître un journal prédateur. Toutefois, il y a de fortes chances pour que les membres de votre comité de thèse ou vos futurs employeurs repèrent dans votre CV un article publié dans un de ces journaux. Le gros problème, c’est qu’un tel article n’aura pas passé correctement l’étape de la révision scientifique et donc n’aura aucune valeur. Aucune revue légitime ne voudra le republier et enfin, un journal prédateur peut disparaître du Web du jour au lendemain. Dans tous les cas, un article publié dans un journal prédateur est perdu avec tout le travail qu’il a demandé à son auteur.

Comme il existe bel et bien des journaux légitimes qui demandent des frais pour publier un article scientifique, comment se prémunir des journaux prédateurs? Il n’y a pas de recette miracle. Vous pouvez trouver bien des conseils sur le Web, par exemple ici. Vous pouvez aussi vous abonner au bulletin quotidien de Retraction Watch. Je ne pense pas trop m’avancer en proposant un principe de base: publier un article scientifique n’est ni facile, ni rapide. Vous devez compter plusieurs semaines à plusieurs mois pour recevoir les commentaires des réviseurs scientifiques. On vous demandera presque systématiquement des révisions bien plus que cosmétiques. Les réviseurs et l’éditeur devront approuver la version révisée de votre article (ou le rejeter). Un journal prédateur, au contraire, vous promet une publication facile et rapide. Ils veulent votre argent et se moquent bien de la science.

Donc, la première chose à faire pour vous assurer de bien publier vos résultats de recherche est de vous informer auprès d’une personne expérimentée des délais de publication normaux dans votre domaine. Discutez également avec cette personne des journaux légitimes susceptibles de vous publier. D’ailleurs, vous serez rarement le seul auteur de votre article scientifique alors vous devrez obtenir l’assentiment des coauteurs avant de le soumettre. Si une revue propose de publier dans des délais plus courts et sans suivre les procédures habituelles, tenez-vous-en loin! Et si vous avez soumis à une revue que vous pensiez légitime et que l’éditeur vous reviens trois jours plus tard avec la promesse de publier en échange de 800$, retirez votre article et fuyez! La science, votre intégrité et votre carrière s’en porteront mieux.

 

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