Le Québec, l’Algérie et l’anglais scientifique

Mille mercis à l’Université Saad Dahlab de Blida qui m’a donné l’occasion de participer à son atelier sur la lecture et l’écriture d’articles scientifiques en anglais! Ce fut très éclairant de constater que des étudiants d’horizons différents, les Québécois que je côtoie tous les jours et les Algériens que je rencontrais pour la première fois, rencontrent les mêmes difficultés lorsqu’il s’agit d’écrire un article scientifique dans une langue qui n’est pas la leur. Les Québécois sont sans doute plus exposés à la culture américaine, mais cet anglais prépare bien mal à la tâche d’écrire un texte technique à un niveau professionnel. Au fond, tout le problème est là; la formation universitaire habituelle néglige un aspect crucial du développement des connaissances scientifiques, la communication des résultats de recherche.

J’applaudis donc sans réserve l’initiative de l’atelier de l’Université de Blida. Je sais pourtant que la tâche d’écriture qui attend les étudiants qui y ont assisté sera juste un peu moins difficile que sans l’atelier, même si nous les formateurs leur avons donné tout ce que nous pouvions. Je constate, avec humilité, qu’il est impossible de vraiment apprendre à quelqu’un à écrire. Nous pouvons éviter à l’auteur d’article débutant les pièges les plus communs et lui donner des outils, mais après c’est à lui ou à elle de jouer. Écrire, même un article scientifique, est un acte créatif. Ceci signifie que l’auteur doit s’approprier à la fois les connaissances scientifiques de son domaine et les outils d’écriture pour créer un point de vue original, un morceau de savoir qui n’existait pas avant. J’espère que c’est ainsi que les étudiants de Blida l’ont compris, qu’ils vont relire le matériel qu’ils ont reçu, étudier les références suggérées et enfin, plonger dans l’écriture. Si quelques-uns y prennent plaisir, j’aurai accompli ce que je souhaitais.

Au fait les Québécois, qu’est-ce qu’on attend pour organiser aussi des ateliers d’écriture scientifique?

Tipasa 4

Quel plaisir aussi de découvrir un pays que j’avais seulement pu imaginer par les écrits de Camus!

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