Anglais scientifique: Les règles, le style et l’apostrophe

En principe, c’est simple. L’apostrophe anglaise a deux usages, indiquer la possession et marquer la contraction. Réglons tout de suite le cas de la contraction: en langage familier, it is devient it’s, I would devient I’d, I cannot devient I can’t, etc. Les écrits scientifiques s’écrivent habituellement dans une langue trop formelle pour les contractions alors à moins d’avoir une rare maîtrise du style, mieux vaut les éviter.

Les règles de base de l’usage de l’apostrophe comme marque du possessif sont plutôt simples et, contrairement aux règles des contractions, il est obligatoire de les connaître et de les appliquer.

Règle 1: On ajoute ’s à un nom pour indiquer la possession.

The student’s thesis.

The turtle’s shell.

Pearson’s correlation.

Règle 2: Pour les noms pluriels réguliers, on indique la possession avec l’apostrophe seulement.

Students’ rights.

Birds’ migration.

The Feroe Islands’ location.

Et c’est ici que ça se complique. D’abord, les pluriels irréguliers qui ne finissent pas par s prennent ’s pour marquer la possession:

Children’s games.

Men’s room.

Ensuite, les mots qui ont un sens singulier mais qui s’écrivent toujours au pluriel se contentent de l’apostrophe:

Economics’ principles.

Genetics’ laws.

A species’characteristics.

Ce sont les règles de base sur lesquelles toutes les grammaires s’entendent. Seulement, en plus des grammaires, il y a des manuels de styles et eux ne s’entendent pas sur toutes sortes de détails concernant les apostrophes. La discorde semble venir surtout du rapport que l’écrit entretient avec l’oral; les s finaux se prononcent en anglais, alors prononcer le ’s en plus fait mauvaise impression. Si je veux parler du règne de Claudius, Claudius’s reign selon la règle de base, vais-je prononcer «Claudiusus reign»? Probablement pas. D’où, certains manuels de style proposent d’élider le deuxième s à l’écrit aussi… mais seulement pour les noms propres. Donc, j’écrirais «Claudius’ reign» mais «a cactus’s flowers». D’autres mettent systématiquement le s après l’apostrophe; d’autres le mettent aux noms communs, mais pas si le nom suivant commence par s (donc a cactus’ scent). L’auteure June Casagrande s’amuse à distinguer les recommandations de plusieurs manuels de style largement utilisés (le manuel de l’American Psychological Association (APA) et le Chicago Manual of Style, entre autres) dans son livre sur la ponctuation.1

Comment savoir à quel style se vouer? Les guides destinés aux auteurs offerts par les revues scientifiques précisent le manuel de style à suivre (comme le manuel de l’APA). Toutefois, les maisons d’édition ont souvent leurs propres guides de style qui prennent position dans les cas litigieux comme celui de l’apostrophe et pas toujours dans le même sens que le manuel de style officiel. Alors voici ce que je vous propose: en dehors des pluriels réguliers et mots au sens singulier toujours écrits au pluriel, mettez systématiquement ’s pour marquer la possession. Le sens de la phrase sera clair. Une fois votre article accepté, des corrections de styles mineures (je dis bien mineures, ne comptez pas là-dessus pour corriger tout votre anglais) comme celle-ci seront apportées par les réviseurs linguistiques de la revue.

1 Casagrande, J. (2014). The Best Punctuation Book, Period: a Comprehensive Guide for Every Writer, Editor, Student, and Business Person. New York, NY: Ten Speed Press.

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