À la une

La fin d’une aventure, la poursuite d’une autre

Vous aurez remarqué que je ne publie plus dans la Plume scientifique depuis quelques temps. Il y a environ deux ans et demi, j’ai fait un important changement de carrière. J’en suis très heureuse et j’y trouve de belles occasions d’évoluer et de relever des défis. Toutefois, je ne suis plus vraiment en contact avec des étudiantes et des étudiants aux études supérieures, donc je n’ai plus beaucoup de matériel pour alimenter ce blogue. Je n’ai plus beaucoup de temps à lui consacrer, à vrai dire.

Je vais donc laisser expirer le nom de domaine et fermer le site à la fin du mois d’octobre. Je vous invite à copier et télécharger ce qui vous intéresse. Utilisez et partagez comme bon vous semble, je demande seulement qu’on me nomme si on utilise mon matériel et qu’on ne le vende pas.

Comme la plupart de mes lectrices et de mes lecteurs sont à la maîtrise et au doctorat, j’aimerais terminer sur des mots d’encouragement et d’espoir. Plusieurs d’entre vous rêvent d’une carrière universitaire, en sachant qu’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. C’était mon cas. Je constate aujourd’hui que toutes les compétences que j’ai développées au cours de ma carrière universitaire, incluant la rédaction scientifique et les activités d’éducation à la rédaction, m’ont menée à travers toutes sortes de détours à un poste de service public qui me comble. Je vous souhaite le meilleur succès professionnel, dans le milieu universitaire ou ailleurs!

Nadine Forget-Dubois, Ph. D.

Modèle d’argumentation 2: le Conflit

Si la Quête montre une progression harmonieuse de la recherche, le Conflit met en valeur le côté incertain, désordonné, voir chaotique de la recherche. Excitant, non? Et très utile. Les étudiants chercheurs les plus débutants peuvent être tentés d’ignorer les articles qui contredisent leur vision initiale de la littérature scientifique pertinente à leur projet; je le répète, sélectionner les articles qui vous conviennent et balayer les autres sous le tapis est une mauvaise pratique à proscrire complètement! S’il y a des contradictions dans la littérature scientifique, placez ces contradictions au cœur de l’argument.

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Modèle d’argumentation 1: la Quête

Note: ce billet est la suite du précédent, que je vous recommande de lire d’abord.

Synthétiser la recension des écrits tout en justifiant ses propres objectifs de recherche représente la grande difficulté lors de l’écriture de l’introduction d’un écrit scientifique. Un moyen d’y arriver consiste à argumenter de manière à montrer les manques dans la littérature scientifique existante, que notre propre recherche contribue à combler. C’est un bon principe, mais parfois utilisé maladroitement; le manque peut s’avérer superficiel (“on a étudié cette association chez des enfants de 8 ans, mais pas chez des enfants de 9 ans”) ou alors ne découle pas clairement de la recension des écrits. Le manque à combler doit donc s’intégrer à un argument plus sophistiqué pour être efficace et cet argument commence dans l’organisation de la recension des écrits. La bonne nouvelle, c’est qu’un petit nombre de modèles d’argumentation couvre la majorité des situations dans le contexte d’un écrit scientifique. L’auteur Paul Silvia les appelle des “gabarits rhétoriques”. Comme j’aime bien répéter qu’un article scientifique raconte une histoire, je les appelle des modèles d’intrigue.

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Un argument faible

Sans doute, il y a plusieurs manières valables de justifier les objectifs de recherche dans un mémoire, une thèse ou un article scientifique. Elles ne se valent pas toutes, cependant, et il y en a une qui m’agace vraiment. J’ai vu cet argument servi par des étudiants de sciences sociales et de sciences de la santé, mais je soupçonne qu’il s’infiltre partout. Je vois même des profs le laisser passer sans ciller. Ça va comme suit, avec quelques variantes:

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Aspirations universelles

Hammamet_workshop

J’ai eu la chance de participer à l’atelier de rédaction et de publication scientifique Publishing in International Journals à Hammamet, Tunisie, durant la dernière semaine de mars. L’événement, organisé par l’Institut Supérieur des Études Technologiques de Sfax et l’Association d’Innovation et de Technologies de Sfax, a permis à des doctorants et des jeunes chercheurs de se familiariser avec le processus de publication dans des revues scientifiques internationales. C’est toujours un honneur pour moi de contribuer à des initiatives aussi vitales pour le développement des scientifiques en début de carrière. Il ne suffit pas d’avoir des résultats scientifiques pour publier: il faut connaître la culture qui régit la publication dans des revues savantes et le plus souvent maîtriser l’anglais écrit à un niveau presque professionnel.

Rencontrer des étudiants et jeunes chercheurs d’autres pays me rappelle comme leurs aspirations et leurs besoins de formation sont les mêmes que celles des étudiants québécois que je connais. J’aimerais que les autorités universitaires fassent la même constatation et offrent, à même les programmes d’études supérieures, des formations en rédaction et publication scientifique. À l’heure du publish or perish, pour des étudiants dont l’anglais est la deuxième ou troisième langue, il me semble que c’est une nécessité pour former des scientifiques productifs.

Revues prédatrices: un courriel décortiqué

J’ai décidé de mettre à profit une énième proposition de publication dans une revue prédatrice reçue ce matin pour faire de la sensibilisation. Voici le courriel (caviardé parce que je ne veux pas d’ennuis judiciaires). J’attire votre attention sur les signes montrant qu’il s’agit d’une revue prédatrice. Attention, ils sont parfois plus subtils… mais pas tant que ça. Et si vous ne connaissez pas OMICS, c’est une compagnie de publication dont le nom revient sans cesse dans les discussions sur les revues prédatrices.

courriel frauduleux

Notez qu’il y a des fautes de ponctuation (il manque plein de points) et des majuscules mal placées. Alors ouvrez l’œil et ne vous laissez pas tenter! Votre travail mérite mieux.

Provoquer l’inspiration

Reprenons la définition de l’inspiration donnée par Kaufman et citée dans mon dernier billet : “inspiration is best thought of as a surprising interaction between your current knowledge and the information you receive from the world”.[1] Cette interaction, vous ne pouvez pas vous en passer pour mener à bien votre projet d’écriture scientifique, mais vous ne pouvez pas non plus attendre de vous réveiller la nuit avec une soudaine vision de son fil conducteur. Vous devez donc trouver une stratégie pour la provoquer. Je vous présente la mienne, afin de de vous aider à découvrir la vôtre.

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L’inspiration n’est pas une déesse grecque

Les spécialistes de la gestion de l’écriture sont unanimes : si vous attendez l’inspiration pour vous mettre au travail, vous ne progresserez pas.1 Je suis bien d’accord avec eux, mais est-ce à dire que nous pouvons entièrement nous passer d’inspiration dans la rédaction scientifique ? Et d’abord, qu’est-ce que l’inspiration ? Eh oui, il y a des études scientifiques sur le sujet.

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La publication scientifique : ça se corse !

Publier un article dans une revue scientifique légitime n’a jamais été facile et de nouvelles complications s’ajoutent. Pour l’illustrer, je vous raconte une récente mésaventure avec l’aimable permission d’une collègue.

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