Modèle d’argumentation 2: le Conflit

Si la Quête montre une progression harmonieuse de la recherche, le Conflit met en valeur le côté incertain, désordonné, voir chaotique de la recherche. Excitant, non? Et très utile. Les étudiants chercheurs les plus débutants peuvent être tentés d’ignorer les articles qui contredisent leur vision initiale de la littérature scientifique pertinente à leur projet; je le répète, sélectionner les articles qui vous conviennent et balayer les autres sous le tapis est une mauvaise pratique à proscrire complètement! S’il y a des contradictions dans la littérature scientifique, placez ces contradictions au cœur de l’argument.

Continuer la lecture de « Modèle d’argumentation 2: le Conflit »

Advertisements

Modèle d’argumentation 1: la Quête

Note: ce billet est la suite du précédent, que je vous recommande de lire d’abord.

Synthétiser la recension des écrits tout en justifiant ses propres objectifs de recherche représente la grande difficulté lors de l’écriture de l’introduction d’un écrit scientifique. Un moyen d’y arriver consiste à argumenter de manière à montrer les manques dans la littérature scientifique existante, que notre propre recherche contribue à combler. C’est un bon principe, mais parfois utilisé maladroitement; le manque peut s’avérer superficiel (“on a étudié cette association chez des enfants de 8 ans, mais pas chez des enfants de 9 ans”) ou alors ne découle pas clairement de la recension des écrits. Le manque à combler doit donc s’intégrer à un argument plus sophistiqué pour être efficace et cet argument commence dans l’organisation de la recension des écrits. La bonne nouvelle, c’est qu’un petit nombre de modèles d’argumentation couvre la majorité des situations dans le contexte d’un écrit scientifique. L’auteur Paul Silvia les appelle des “gabarits rhétoriques”. Comme j’aime bien répéter qu’un article scientifique raconte une histoire, je les appelle des modèles d’intrigue.

Continuer la lecture de « Modèle d’argumentation 1: la Quête »

Aspirations universelles

Hammamet_workshop

J’ai eu la chance de participer à l’atelier de rédaction et de publication scientifique Publishing in International Journals à Hammamet, Tunisie, durant la dernière semaine de mars. L’événement, organisé par l’Institut Supérieur des Études Technologiques de Sfax et l’Association d’Innovation et de Technologies de Sfax, a permis à des doctorants et des jeunes chercheurs de se familiariser avec le processus de publication dans des revues scientifiques internationales. C’est toujours un honneur pour moi de contribuer à des initiatives aussi vitales pour le développement des scientifiques en début de carrière. Il ne suffit pas d’avoir des résultats scientifiques pour publier: il faut connaître la culture qui régit la publication dans des revues savantes et le plus souvent maîtriser l’anglais écrit à un niveau presque professionnel.

Rencontrer des étudiants et jeunes chercheurs d’autres pays me rappelle comme leurs aspirations et leurs besoins de formation sont les mêmes que celles des étudiants québécois que je connais. J’aimerais que les autorités universitaires fassent la même constatation et offrent, à même les programmes d’études supérieures, des formations en rédaction et publication scientifique. À l’heure du publish or perish, pour des étudiants dont l’anglais est la deuxième ou troisième langue, il me semble que c’est une nécessité pour former des scientifiques productifs.

Revues prédatrices: un courriel décortiqué

J’ai décidé de mettre à profit une énième proposition de publication dans une revue prédatrice reçue ce matin pour faire de la sensibilisation. Voici le courriel (caviardé parce que je ne veux pas d’ennuis judiciaires). J’attire votre attention sur les signes montrant qu’il s’agit d’une revue prédatrice. Attention, ils sont parfois plus subtils… mais pas tant que ça. Et si vous ne connaissez pas OMICS, c’est une compagnie de publication dont le nom revient sans cesse dans les discussions sur les revues prédatrices.

courriel frauduleux

Notez qu’il y a des fautes de ponctuation (il manque plein de points) et des majuscules mal placées. Alors ouvrez l’œil et ne vous laissez pas tenter! Votre travail mérite mieux.

La publication scientifique : ça se corse !

Publier un article dans une revue scientifique légitime n’a jamais été facile et de nouvelles complications s’ajoutent. Pour l’illustrer, je vous raconte une récente mésaventure avec l’aimable permission d’une collègue.

Continuer la lecture de « La publication scientifique : ça se corse ! »

Avez-vous déjà entendu parler des journaux prédateurs?

Les scientifiques, on le sait, ont créé leur propre version de la loi de la jungle: publish or perish. Cette pression à publier peut causer une grande détresse chez les aspirants-chercheurs qui éprouvent des difficultés à publier leur travail et quand il y a de la détresse, il se trouve quelqu’un pour exploiter les personnes rendues vulnérables. C’est ici que les journaux prédateurs apparaissent. Il s’agit de faux journaux scientifiques qui se font passer pour des journaux «open access» légitimes et qui publieront n’importe quoi pour quelques centaines de dollars. Publier dans un de ces journaux peut être un désastre pour votre carrière.

Continuer la lecture de « Avez-vous déjà entendu parler des journaux prédateurs? »