Modèle d’argumentation 2: le Conflit

Si la Quête montre une progression harmonieuse de la recherche, le Conflit met en valeur le côté incertain, désordonné, voir chaotique de la recherche. Excitant, non? Et très utile. Les étudiants chercheurs les plus débutants peuvent être tentés d’ignorer les articles qui contredisent leur vision initiale de la littérature scientifique pertinente à leur projet; je le répète, sélectionner les articles qui vous conviennent et balayer les autres sous le tapis est une mauvaise pratique à proscrire complètement! S’il y a des contradictions dans la littérature scientifique, placez ces contradictions au cœur de l’argument.

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Modèle d’argumentation 1: la Quête

Note: ce billet est la suite du précédent, que je vous recommande de lire d’abord.

Synthétiser la recension des écrits tout en justifiant ses propres objectifs de recherche représente la grande difficulté lors de l’écriture de l’introduction d’un écrit scientifique. Un moyen d’y arriver consiste à argumenter de manière à montrer les manques dans la littérature scientifique existante, que notre propre recherche contribue à combler. C’est un bon principe, mais parfois utilisé maladroitement; le manque peut s’avérer superficiel (“on a étudié cette association chez des enfants de 8 ans, mais pas chez des enfants de 9 ans”) ou alors ne découle pas clairement de la recension des écrits. Le manque à combler doit donc s’intégrer à un argument plus sophistiqué pour être efficace et cet argument commence dans l’organisation de la recension des écrits. La bonne nouvelle, c’est qu’un petit nombre de modèles d’argumentation couvre la majorité des situations dans le contexte d’un écrit scientifique. L’auteur Paul Silvia les appelle des “gabarits rhétoriques”. Comme j’aime bien répéter qu’un article scientifique raconte une histoire, je les appelle des modèles d’intrigue.

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Provoquer l’inspiration

Reprenons la définition de l’inspiration donnée par Kaufman et citée dans mon dernier billet : “inspiration is best thought of as a surprising interaction between your current knowledge and the information you receive from the world”.[1] Cette interaction, vous ne pouvez pas vous en passer pour mener à bien votre projet d’écriture scientifique, mais vous ne pouvez pas non plus attendre de vous réveiller la nuit avec une soudaine vision de son fil conducteur. Vous devez donc trouver une stratégie pour la provoquer. Je vous présente la mienne, afin de de vous aider à découvrir la vôtre.

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École d’été sur la rédaction scientifique

Message à tous les étudiants au cycles supérieurs qui fréquentent des universités québécoises : l’université Laval offre pour la première fois une école d’été sur la rédaction scientifique. Ce cours intensif aura lieu du 7 au 11 mai sur le campus de l’université Laval; il a été développé à la Faculté des Sciences Sociales mais est ouvert aux étudiants de toutes les disciplines et de toutes les universités québécoises. La réussite du cours, basée sur la présence et la participation, donnera trois crédits. Ce n’est pas indiqué dans la description, mais j’en suis l’un des deux professeurs. L’autre est Ginette Dionne, professeure à l’École de psychologie de l’université Laval, dont le cours de deuxième cycle sur l’initiation à la recherche est très apprécié.

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La bonne longueur de phrase

Je me pose plein de questions existentielles ces jours-ci, comme pourquoi écrire nos articles scientifiques à la voix passive sans y réfléchir? Pourquoi, en rédigeant en anglais, nous obstiner à choisir «perform» ou «conduct» quand «do» ferait l’affaire? Pourquoi décrire les analyses comme si elles s’étaient faites toutes seules? Pourquoi tant de haine? Mais je digresse. Bref, j’ai l’impression que nous écrivons nos articles scientifiques sur le pilote automatique et je me demande par quel moyen nous pourrions devenir plus attentifs à nos choix d’écriture.

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Nuancer une affirmation sans l’affaiblir

Quelle que soit votre discipline, sa littérature est pleine de contradictions et de questions sans réponses. Par la force des choses, votre revue de littérature devra nuancer quelques affirmations. Il y a toutefois une nuance entre nuancer et affaiblir.

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Harmoniser les paragraphes: une histoire de Frankenstein

La plupart des étudiants dont je lis les brouillons d’article scientifique ou de thèse apprennent vite qu’il faut lier les paragraphes les uns aux autres pour créer une histoire cohérente plutôt qu’énoncer une liste d’idées. Seulement, il ne suffit pas de terminer un paragraphe sur une phrase qui annonce l’idée développée dans le paragraphe suivant pour créer une transition harmonieuse. Comme c’est la semaine d’Halloween, je vais vous l’illustrer avec la classique histoire du monstre et du savant fou.

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Composer les paragraphes de l’article scientifique

Selon le classique The Elements of Style, le deuxième principe de style est de faire du paragraphe l’unité de base de la composition (le premier ? Faire un plan!). Ce principe rejoint celui qu’on vous a sûrement enseigné—se limiter à une idée par paragraphe—mais en poussant plus loin: chaque paragraphe doit contenir une histoire cohérente.

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Le graphique de l’arc narratif de la discussion

Pour compléter mon billet de la semaine dernière, voici une représentation graphique de l’arc narratif de la discussion.

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L’arc narratif de la discussion

D’après mon expérience, il n’y a qu’une seule manière de réussir la section Discussion d’un article scientifique: travailler comme un défoncé sur l’introduction de l’article. Il y a au moins trois raisons à cela:

1) L’introduction place le problème spécifique dont traite l’article dans le contexte global du domaine de recherche. Si vous n’avez pas mijoté une belle synthèse de la littérature qui apporte un éclairage original sur le contexte théorique en plus de justifier vos questions de recherche, vous n’aurez rien à dire dans la Discussion. Vous allez juste répéter vos résultats avec moins de chiffres et plus de mots.

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