Choisir ses mots dans un écrit scientifique

Dans un écrit scientifique, nous visons la précision. Mais quel degré de précision? Même parmi les scientifiques de votre domaine d’étude, il y a plusieurs audiences représentées par différentes revues savantes. Il y a d’abord les revues pointues, dont les articles se restreignent à explorer un sous-domaine spécifique d’une discipline. Ces articles s’adressent aux spécialistes, qui connaissent les théories du sous-domaine, les méthodes et le vocabulaire assorti. Pour publier dans ces revues, la précision du vocabulaire est primordiale et vous n’avez pas besoin de définir les termes techniques. Le jargon technique du domaine y est bienvenu, même requis. Des exemples de ce type de revues savantes traiteraient exclusivement d’archéologie australienne ou de la biologie des os.

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Du bon usage des images dans les écrits scientifiques

Nous utilisons plus d’image que nous ne le croyons dans nos écrits scientifiques. Bien sûr, certaines catégories d’images, comme les métaphores, sont avec raison presqu’entièrement bannies. Si je réfère à la tempête de neige/vent/pluie/grésil qui afflige le Québec tandis que j’écris ce billet comme à «la colère du ciel», j’utilise une métaphore (et un cliché, mais c’est une autre histoire). Une bonne métaphore enrichit un texte littéraire mais n’apporte ni rigueur ni précision à un article scientifique. Toutefois, vous utilisez sûrement sans y penser une autre catégorie d’image, la métonymie. Ce serait une bonne idée de commencer à y prêter attention.

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À méditer: longueur des phrases

Brevity is a tool. It’s a very powerful tool. You don’t have to use it. But you have to know how. If you’re going to use long sentences, it should be by choice, not due to bumbling ineptitude. Every long sentence can be broken into shorter ones, and if you don’t know how—if you don’t see within your long sentences groupings of simple, clear ideas—it will show.

June Casagrande, It was the best of sentences, it was the worst of sentences: a writer’s guide to crafting killer sentences

En d’autres mots, il ne s’agit pas de préférer écrire des phrases longues ou des phrases courtes. Il s’agit de savoir quand s’arrêter.

La bonne longueur de phrase

Je me pose plein de questions existentielles ces jours-ci, comme pourquoi écrire nos articles scientifiques à la voix passive sans y réfléchir? Pourquoi, en rédigeant en anglais, nous obstiner à choisir «perform» ou «conduct» quand «do» ferait l’affaire? Pourquoi décrire les analyses comme si elles s’étaient faites toutes seules? Pourquoi tant de haine? Mais je digresse. Bref, j’ai l’impression que nous écrivons nos articles scientifiques sur le pilote automatique et je me demande par quel moyen nous pourrions devenir plus attentifs à nos choix d’écriture.

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Écrivez-vous en «plain English»?

Si un anglophone a déjà qualifié votre apparence physique de plain, c’est une insulte. Si toutefois ce même anglophone qualifie votre anglais écrit de plain, c’est peut-être un compliment. Le principe du «plain English» est d’écrire avec des mots simples des phrases à la structure claire dont le propos va droit au but. Ce style semble avoir été développé pour rendre les publications gouvernementales lisibles, mais ses principes s’appliquent à l’écriture scientifique.

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